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Dylan Taher, l'âme d'un photographe aux Palettes

March 19, 2018

 

Pour ce premier portrait de la rubrique Spotlight, j'ai décidé d'interviewer Dylan Taher. Âgé de 22 ans, Suisse originaire de Bagdad, cet étudiant en sciences de l'éducation à Genève est passionné de rap et de photographie, mais aussi et surtout du quartier dans lequel il vit depuis son enfance, Les Palettes à Lancy. Il m'a reçue dans le studio d'enregistrement de son quartier, au LE8.

 

Les Palettes, on en n'entend pas beaucoup parler. Pourtant d'après tes photos, c'est une source d'inspiration sans fin... Ce quartier représente quoi pour toi ?

En fait c'est tout simplement un entassement d'immigrés dans une même zone, Les Palettes.

Mais c'est aussi l'endroit où j'ai grandi. Depuis la maternelle, on se connaît tous. Que ce soit des cris, des pleurs, des embrouilles, des barres de rires, des histoires, j'en ai des tas à raconter, drôles ou beaucoup moins drôles.

C'est tout ce que j'aime, et tout ce que je déteste en même temps. Ça représente tout ce que j'aime parce que c'est le seul endroit où je me sens vraiment comme à la maison. C'est tout ce que je déteste, parce que si tu connais que le quartier, t'auras jamais accès à autre chose. Personnellement, j'ai été obligé de m'adapter, de par mon cursus scolaire, je me suis confronté aux gens les plus pauvres et aux gens les plus riches de Genève. Et ça, ça a tout changé. C'est une vraie barrière culturelle avec le reste de la ville.

Ici il y a le côté que tout le monde voit, et qu'on veut montrer, très fraternel, et c'est une notion hyper importante pour nous. Mais il y a aussi ce qu'on appelle des facteurs négatifs comme la jalousie ou les envieux. Il faut apprendre à se confier aux bonnes personnes. Si tu t'élèves dans la vie, socialement ou scolairement, les autres peuvent vite devenir jaloux, et tu peux te retrouver dans des sales histoires.

 

 

Et la photographie, comment ça a commencé ?

Ça fait à peu près trois ans que je m'intéresse à la photo. C'est en voyant le compte de Yanis Dadoum sur Instagram que j'ai été inspiré, et que j'ai commencé à faire des photos du quartier. J'ai envie de montrer que la rue est belle et que ses acteurs le sont aussi. Ici c'est plus cru, je trouve les gens beaux. J'aime prendre des photos sur le vif, je kiffe un truc, un angle, je prends mon appareil et je fais une photo.

À Genève, en Suisse, on a beaucoup trop le fantasme des beaux quartiers, du luxe, de la ville. Ce qui est embêtant c'est qu'on se rend gentiment compte qu'il y a des quartiers un peu différents de ce qu'on imagine de la Suisse, mais pourtant on n'en parle jamais. C'est ça que j'ai envie de photographier et de montrer. J'aimerais rendre mes rues belles aux yeux des autres aussi. J'essaie juste de faire kiffer mes potes, de les mettre sous le projecteur parce qu'au final c'est eux mon inspiration première.

 

 

Tu t'es aussi lancé dans la vidéo, dans la même veine que les photos ?

Oui. Parallèlement à la photo, j'ai aussi fait six ou sept vidéos que j'ai tournées au quartier. Ça a plu, j'étais étonné. Les gens pensent que c'est les mauvais côtés du quartier, mais c'est une réalité. Une réalité crue, mais qui montre que malheureusement il y a bel et bien de la violence, du trafic et des excès dans nos quartiers.

C'est aussi une dédicace à mes potes. C'est là où on vit. Y'a rien de pro, y'a pas de prétention. J'aimerais simplement donner un accès aux gens qui sont pas du quartier.

 

Et le rap dans tout ça ?

J'ai commencé quand j'avais 12-13 ans, parcours un peu classique. Avec les potes, on se voyait dans le quartier, à l'école, après les cours, on écoutait des sons de raps on se les partageait, et au bout d'un moment on s'est dit vas-y balance un couplet, je vais lancer mon couplet et au fur et à mesure on a trouvé des studios par ci par là, c'était un peu la démerde.

Il y a eu beaucoup de personnes qui m'ont influencé comme un très bon pote à moi qui s'appelle Durim, qui est selon moi le meilleur rappeur de cette ville, mais aussi des plus grands comme Marékage Streetz, Williman ou l'1kredul.

Ces gars m'ont grave inspiré, le rap Suisse c'est ce que j'écoutais le plus. C'était vraiment un passe-temps, on a formé le groupe l'Artmystice, et puis après y'a eu LE8. Après pour moi le rap c'est vraiment un passe-temps, y'a aucune volonté de réussir là-dedans, c'est une passion à côté. 

 

 

Tes influences en rap ?

Si je dois te parler de quand j'étais jeune, je dirais classiquement NTM et IAM, mais aussi et surtout Bolo, LIM, Alpha 5.20, Sinik, Psy 4 de la Rime, RimK, 113 et la Mafia k'1fry.

Dans les influences actuelles, en top 3 je mettrais Leto de PSO THUG, suivi de Niro et PNL. En ce qui concerne le rap de ma ville Genève, il y en a vraiment beaucoup, les gars premiers sont pour sûr des gars de chez moi que je trouve grave talentueux comme Dasol et Lakruz. Ensuite je dirais Gueule Blansh qui est aussi un bon pote, Irza et Makala.

 

T'as des projets pour l'avenir ?

J'ai des rêves de cinéma. Je suis en train de réfléchir à l'écriture d'un scénario pour un film que j'aimerais tourner prochainement. Je trouve qu'il y a une sensibilité plus large dans la réalisation, ça me prend de plus en plus de créer quelque chose de vraiment sérieux et original, mais toujours en rapport avec mon quartier.

 

Pour les intéressés, quels appareils photo tu utilises ?

Le Olympus Stylus 120, le Minolta SRT 101, et le Olympus ZOOM 105.

 

Où est-ce qu'on peut voir tes photos ?

Je les poste sur Instagram. Le compte c'est bagdad_794.

 

 

 

 

 

 

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